Nazca : survol de 10 siècles d’histoire

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A l’approche de cette partie du Pérou, je dois avouer que j’avais de plus en plus de mal à réaliser que le rêve devenait enfin possible : on allait survoler les lignes de Nazca !!!

Encore faut-il que le temps le permette, encore faut-il que ce soit faisable sans réserver trop à l’avance, encore faut-il qu’elles y soient encore… Je n’arrivais tellement pas y croire que je préférais laisser la place au doute, à la déception. « Au pire on visitera le musée et le planétarium, ça nous laissera déjà l’occasion de nous faire une idée. »

On aurait dit un gosse qui ne croyait pas qu’il allait enfin aller visiter Disneyland !

Les fameuses et mystérieuses lignes de Nazca

Depuis le premier jour où j’ai pu les apercevoir dans un livre, ces lignes m’ont obsédé. Je me souviens, en classe de 4ème, cette forme d’oiseau vue du ciel et gravée dans le sol, à peine expliquée en quelques lignes. Ce dont je me souviens, ce sont les hésitations de notre professeur et tous les conditionnels qu’il avait employé pour nous en donner l’origine… En gros, il n’en savait que dalle !

Plus tard, j’ai commencé à lire différents bouquins sur le thème, notamment un qui m’avait marqué : Le mystère des Andes. Je l’avais trouvé dans une montagne de livres destinés à la destruction alors que je travaillais dans les poubelles. Là encore, cet étrange colibri avait attiré mon attention parmi des milliers d’autres couvertures. Je l’avais d’abord mis de côté compte tenu du côté un peu farfelu des explications qu’il livrait, puis je l’ai dévoré. C’était il y a plus de 12 ans. J’avais été surpris par la façon dont l’auteur, prof de faculté, n’hésitez pas à mêler les extraterrestres à cette affaire.

Le fait que je redécouvre un jour ce bouquin sur l’étagère d’un pote, quelques années plus tard, m’avait encore plus surpris. Je n’étais pas le seul que ça intéressait, ni le seul dingue à avoir lu ce bouquin si étrange !

Arte, Discovery Channel, tous les reportages que j’avais pu dévorer y étaient passés entre temps. Les explications sonnaient de plus en plus plausibles, logiques, mais une part de mystère demeurait malgré tout sur ces tracés et sur leur signification.

Maria Reiche semblait en savoir un peu plus que les autres

Une fois arrivés à Nazca, nous en avons profité pour visiter le musée de la civilisation nazca. C’était le meilleur moyen de se mettre dans le bain et d’en apprendre davantage.

Précédent les Incas, les Nazcas avaient peuplé la région et laissé pas mal de vestiges et de témoignages derrière eux. On a découvert des textiles, des poteries, des objets de tous les jours, mais rien concernant les lignes jusqu’aux années 30, époque à laquelle les premiers vols aéropostaux ont survolé la zone. J’imagine la tête qu’ont dû faire les gars au départ ! Ils ont dû croire à une blague !

C’est en visitant le planétarium qu’on en a appris plus sur la vie de Maria Reiche et sur son dévouement pour ces lignes et cette civilisation disparue. Elle a passé quasiment toute sa vie à arpenter ce désert et à essayer d’en traduire la signification de ces pétroglyphes. Maria a avancé des théories concernant le passage des saisons et l’orientation de chaque dessin, concernant la présence de sources aux alentours, sur la possibilité qu’ils offraient quant à la prédiction d’évènements stellaires… Elle a dormi, mangé et vécu quasiment sa vie entière en ces lieux chargés de mystère.

Et c’est ainsi qu’elle a découvert que ce désert était un véritable lieu de culte, au sens propre. De nombreuses cérémonies religieuses s’y tenaient, de nombreuses danses rituelles. Elle en a apporté la preuve incontestable au fil de ses observations. Elle a aussi daté l’ensemble : ces dessins représentaient une période de 1000 d’histoire de ce désert ! De -300 à 800 de notre ère. 1000 ans qui ont à jamais marqué l’histoire.

Elle est aujourd’hui enterrée au milieu des lignes, dans un lieu connu de très peu de personnes.

L’heure de l’envol

Après 2 jours passés à Nazca, nous avons enfin pu obtenir nos billets pour survoler la zone. Jusqu’au dernier moment, je n’ai pas voulu y croire, de peur d’être déçu !

Et pourtant, quand le taxi nous a laissés dans ce minuscule aéroport, j’ai enfin réalisé ! On allait le faire !
Je vous promets que quand je suis monté dans l’avion, des milliers d’idées m’ont traversé l’esprit. J’ai pensé aussi bien à mon pote Sylvain avec qui j’aurais adoré partager ce moment, à mon père qui aurait halluciné de me savoir dans un CESNA à plus de 9000 kilomètres de la France, et qui aurait probablement lui aussi adoré être là, à mon bras explosé en plusieurs morceaux il y a quelques années et qui a fini par me conduire là, à ma rencontre avec Margot, bref, un joyeux bordel désordonné, mais surtout un tsunami d’émotions !

C’est donc fébrile que je me suis attaché et que j’ai enfilé le casque. Margot était à côté de moi, pas très rassurée par ce qu’on avait pu nous dire sur les mouvements de l’avion, mais bien décidée à profiter du moment.

Dès qu’on a décollé, le temps est devenu élastique !

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Le vol le plus mémorable de ma vie !

C’était parti pour un peu plus d’une demi-heure de survol de ces gigantesques dessins. On a survolé chaque figure par la gauche, puis par la droite. Le coucou virait radicalement pour nous permettre de profiter de la vue. Au lieu d’avoir les ailes parallèles au sol, le CESNA était quasiment à la verticale du sol. C’était énorme !

Et quelle émotion d’enfin apercevoir l’araignée, le colibri, le condor, autant de figures que je n’avis pu observer que dans des livres ou à travers un écran ! C’était une sensation indescriptible.

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J’ai vraiment eu l’impression d’être quelqu’un de privilégié, d’avoir une fois de plus l’occasion de réaliser un vrai rêve de gosse ! C’était fou de voir ces dessins si majestueux, suspendu à plus de 300 mètres du sol.

En prime, histoire de marquer le coup, le pilote qui était supervisé par un instructeur, nous a proposé de sentir la « gravité 0 ». Il faut croire que j’ai été le seul à comprendre ce qu’il disait, vu que Margot et les 2 autres passagères ont dit « oui », mais seulement après que j’ai dit un « carrément ! ». Et nous voilà partis en train de grimper pour finalement quelques secondes de chute libre ! Margot ne s’était pas très bien serré la ceinture, autant vous dire qu’elle a littéralement décollé ! On a même vu passer un stylo qui flottait dans la cabine. Il nous a même gratifiés d’un second passage, mais plus bref celui-ci. On l’a d’ailleurs entendu dire qu’il n’y était pas allé de main morte la première fois !

 

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En clair, de tous les vols que j’ai pu faire, le survol des lignes de Nazca est une vraie pépite, un de ces souvenirs qui ne disparaîtra jamais !

J’adore ma vie !

C’est la synthèse de cet épisode génial : j’adore ma vie ! Si je regarde en arrière, il m’est difficile de m’imaginer que j’aurai pu me retrouver là un jour. J’ai longtemps maudit mon sort et mon existence, mais en réalité, j’adore cette vie improbable que je mène.

Il y a encore quelques années, je me levais tous les matins pour aller trier des tonnes de poubelles chaque jour. Je ne critique pas ce métier, loin de là, il m’a permis de manger pendant des années. Mais aujourd’hui, être capable de vivre en voyage, tout en écrivant tous les jours, je vous promets que c’est pour moi un rêve éveillé.

Nazca représente tout ça. C’était une sorte de lubie lointaine, voire inaccessible, et j’ai fini par arriver à survoler ces lignes incroyables. Aussi bête et fou que cela puisse paraître, ces lignes incarnaient quelque chose chez moi. Avoir pu me retrouver là, a un peu guéri quelque chose en moi.

Sincèrement, j’adore ma vie, notre vie à Margot et moi. Et quand on dit que l’amour donne des ailes, croyez-le. Tout devient possible !

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  • Geraldine Guerin-Peyrou
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    J’avais aussi adoré ce survol surréaliste ! Bon vent pour ce voyage magnifique 🙂

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