Le Machu Picchu dans la brume !

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Après quelques jours à Cuzco, départ pour le Machu Picchu !

Je ne sais pas si ce nom provoque chez vous la même chose que chez moi, mais là, l’excitation est bien présente ! On va découvrir cette cité perdue au milieu de la montagne. C’est fou ! J’en ai entendu parler à l’école, j’ai dévoré tous les reportages qui me passaient sous le nez, et là, je vais enfin pouvoir fouler ce sol.
Je dois avouer que j’ai du mal à réaliser…

On a eu le choix de le faire en mode tout confort, en train et bus jusqu’au bout, ou plutôt à la rude, en marchant pas mal et en le méritant. On a choisi de se le gagner.

Passage par la route de la mort !

On est monté dans une petite camionnette, et nous sommes partis pour 7 heures de route… Oui, 250 kilomètres, ça devient vite long au Pérou. En même temps, on passe à plus de 4000 mètres d’altitude, on franchit plusieurs cols, plusieurs rivières aussi… C’est la saison des pluies et les cours d’eau ont tendance à déborder facilement sur la route. Mais bon, ça se fait tranquillement.

Le passage le plus périlleux nous attend sur les derniers kilomètres. 45 minutes de piste à flanc de montagne où il est difficile de croiser un autre véhicule. Et pourtant, on en a croisé quelques-uns ! On surplombe plus de 600 mètres de vide, sur un chemin chaotique. Autant vous dire que les derniers kilomètres font un peu transpirer tout le monde.

On arrive finalement à bon port, à 11 kilomètres du village d’Aguas Calientes, aux pieds de la fameuse cité perdue.

Pour s’y rendre, rien de plus simple : on marche le long d’une voie ferrée en prenant soin de s’écarter quand arrive le train… Je vous l’ai dit, on a choisi de le mériter notre Machu Picchu !

Après 2 bonnes heures de marche, on arrive enfin au petit village. Là, je ne vais pas m’étendre sur ce bled, dans la mesure où on dirait un peu le Pas de la Case, version Inca… Rien n’est réellement authentique. Tout est pensé pour loger le touriste venu jouer aux aventuriers.

On pose donc nos sacs, on mange, et on met le réveil à 3 heures du matin… Oui, les visites du matin exigent qu’on se lève très tôt, surtout si on veut y monter à pied. Plusieurs personnes nous ont expliqué que la montée durait entre une demi-heure et une heure, selon le rythme auquel on avançait. Je reviendrai sur ce point.

Le jour J est enfin là !

Je me suis rarement levé à 3 heures du mat aussi facilement !

On s’enfile un bon petit déjeuner, puis on décolle à 4h, comme on nous l’a conseillé. Surprise : des centaines de personnes (sans exagérer !) attendent leur bus ou se mettent en marche en même temps que nous. Une pure folie ! Pour le côté aventurier découvreur, vous repasserez !

On attend gentiment en file indienne en bas de la montagne, puis le top départ est donné. Là, il faut que je vous resitue les conditions :
• Il fait encore nuit.
• Il pleut.
• Les gens poussent et sont impatients.
• On ne sait pas vraiment à quoi ressemble le chemin avant d’attaquer.
Là, perso, je commençais déjà à déchanter un tout petit peu de l’expérience. L’authenticité n’est pas au RDV…

On se lance dans la « petite rando » pour finalement nous rendre compte qu’il s’agit d’une sacrée marche en fait ! 600 mètres de dénivelé sur 1,2 kilomètres de marche, ça vous parle ? Le fameux petit chemin est vite devenu une sacrée épreuve sous la pluie ! On serre les dents et on grimpe, on sait ce qui nous attend au bout…

La délivrance !

Essoufflés, trempes, en sueur, on arrive enfin en haut. Je ne vous cacherai pas que l’entrée ressemble malheureusement un peu à l’entrée d’un parc d’attraction… En même temps, 1500 personnes passent par-là par demi-journée. Oui, 3000 personnes par jour !

On trouve finalement notre guide et la visite commence enfin.

Je dois avouer qu’on a été un peu déçu par le fait que la brume nous empêchait d’apprécier le site en entier. De gros nuages enveloppaient toute la montagne. Il était même difficile de se dire qu’on y était vraiment.

Et puis là, d’un coup, la brume s’est dissipée un moment pour laisser apparaître la fameuse cité ! Juste magique, grandiose ! A ce moment-là, on a senti une vraie bouffée d’émotion. Le spectacle est vraiment impressionnant ! Les mots ne suffisent pas décrire ce qu’on peut ressentir. On se sent tout petit, perdu au milieu de quelque chose qui nous dépasse complètement. L’histoire, la vie qu’a connu ce lieu, tout se ressent d’un coup. On peut même dire qu’on est pris d’une sorte de vertige pendant quelques secondes.

La visite commence enfin

On apprend que chaque mur est construit selon une inclinaison vers l’intérieur de 9° pour éviter de s’effondrer en cas de séisme.

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On apprend aussi que chaque construction est posée sur des disques de pierre afin d’encaisser les secousses. Après plus de 500 ans, le Machu Picchu a encaissé 2 séismes de magnitude 8, sans pour autant s’effondrer.

On sent le travail de chaque pierre, la patience et l’acharnement qu’il a fallu à ces bâtisseurs pour ériger chaque mur.

Ce qui nous a marqué, c’est d’apprendre l’âge de la cité. Elle ne date en réalité que de la fin du 15ème  siècle. Je sais que c’est vieux, mais les châteaux cathares ont 5 siècles de plus, ne l’oublions pas…

On apprend aussi que la cité n’a jamais été réellement oubliée. Quand le fameux explorateur américain l’a faite connaître au reste du monde, 2 familles y vivaient. La marque d’un explorateur péruvien y était également visible. Cette dernière datait de 6 ans avant cette fameuse redécouverte.

En réalité, le Machu Picchu est bien moins mystique qu’il y parait. On nous le vend souvent comme une cité disparue, retrouvée récemment, mais elle n’était perdue que pour les occidentaux. Les péruviens ne l’avaient pas réellement oubliée. Il n’en voyait simplement pas le potentiel historique, archéologique et touristique. Je vous rassure, à ce niveau, ils se sont bien rattrapés !

Au-delà de l’incroyable construction, c’est l’organisation relative à la vie que les habitants y menaient qui m’a étonné. Le chemin de l’Inca représentait un réseau de communication incroyable. Concrètement, des messagers étaient postés tous les 7 km. Une information pouvait donc circuler et rayonner à travers tout le pays à partir de n’importe quel point. Chaque messager était chargé de courir pendant 7 km pour la transmettre.

Une vie hors du temps

 

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Les habitants ont mené une vie vraiment particulière en ces lieux. Une école, des paliers de culture, 2 temples, tout était fait pour y vivre en quasi autarcie.

L’orientation de chaque temple est faite pour que la lumière serve de marqueur de saison. On savait précisément quelle étape de culture était à préparer en ne se fiant qu’à la lumière qui entrait par telle ou telle fenêtre.

Le plus impressionnant à mon sens, c’est cette pierre taillée qui culmine sur le point central de la cité. Il s’agit de la montagne elle-même qui a été taillée pour créer un cadran solaire. L’inclinaison de la pointe est calculée de telle façon que l’ombre n’est jamais à la verticale. On peut connaître précisément l’heure et la saison grâce à la forme de cette ombre. De plus, chaque angle de cette pierre est précisément orienté vers un point cardinal. Enfin, ça c’était avant… Une pub pour de la bière a été tournée sur le lieu il y a quelques années, et malheureusement, un petit hélicoptère qui filmait lui est tombé dessus. Résultat, un angle a été brisé !

La vie que devait mener les habitants devait être aussi dure en matière de travail, que paisible en fait. Tout ça n’a duré que très peu de temps au final. Jusqu’à l’arrivée des espagnols en réalité. A cette date, tous les hommes ont été mobilisés pour lutter contre l’envahisseur. Concrètement, la cité n’a été occupée à temps plein que pendant une centaine d’année.

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Les siècles d’après, la nature a repris ses droits et quelques irréductibles sont restés sur place. On est bien loin de la splendeur promise à cette cité en construction. Car oui, la cité n’a jamais été achevée.

Une sacrée expérience

Je sais que je suis un peu critique, mais un site comme Palenque, au Mexique, m’a plus fortement marqué et impressionné. L’ancienneté, l’authenticité y sont beaucoup plus au rendez-vous.
Néanmoins, découvrir une des merveilles du monde reste une expérience folle. Nos guides ont su nous fournir un tas d’anecdotes qui ont rendu la visite hyper intéressante.

Les allers-retours de la brume créaient une ambiance vraiment particulière. Parfois, l’ensemble de la cité disparaissait, puis réapparaissait, à la façon d’un bateau fantôme ! Notre visite en a été d’autant plus marquante et surréaliste.

L’heure était venue pour nous de repartir. Il nous a donc fallu rebrousser chemin et redescendre. Là encore, sous la pluie, Rock’n Roll ! Après ça, la voie ferrée et ses 11 km nous attendait. En clair, On a marché environ 30 km en 2 jours, pour 600 mètres de dénivelé positif, et 600 m de dénivelé négatif !

Quand je vous dis qu’on se l’est gagné notre Machu Picchu !

J’ai beau être partagé, je garderai un souvenir impérissable de cette visite. La découverte d’un pan d’histoire de l’empire inca reste toujours un grand moment. Néanmoins, je dois avouer que la surexploitation du site, le fait qu’il soit sur vendu aux yeux du monde me dérange un peu. Mais bon, que voulez-vous, il s’agit quand même d’une des merveilles du monde… 

Et on l’a vue !

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  • Marie-Claude
    at

    Je vois que la saison des pluies s’est définitivement installée depuis notre passage il y a un mois ! J’ai eu la chance de revoir le Machu Picchu sous le soleil (sauf quelques gouttes tout au début…) Nous avions choisi la visite de l’après-midi, ce qui est peut-être plus indiqué en cette saison. Rédactrice Web amateur, je n’ai pas pu concilier voyage et boulot, mais il faut dire que j’ai fait ce voyage en mode rapide !!! Bravo à toi pour ce challenge…

    • Baptiste
      at

      Merci Marie-Claude.
      Pour ce qui est de travailler et de voyager, c’est le but de cette aventure depuis le départ. De la rigueur, bien organiser ses journées, et c’est faisable. Mais il faut vraiment s’en donner les moyens ! Et pour ma part, je suis rédacteur web à plein temps. Sans travail, pas de voyage…

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