Digital nomade : stop au bullshit !

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Voici un petit article pour remettre les pendules à l’heure sur la condition de nomade digital.

  • Trop bien ! Tu travailles en voyage, c’est génial ! Tu dois te sentir en vacances tout le temps en fait !
  • Heu… Pas vraiment non.
  • Vas-y, tu peux me le dire. Je suis sûr que tu ne dois pas non plus te fouler la rate !
  • Tu te réveilles à 5h30 tous les jours en vacances toi ? Et tu travailles entre 5 et 6 heures par jour ?
  • Oh, mais ça va, t’écris un ou deux trucs et t’as fait ta journée.
  • Un ou deux trucs ?!

Chassez-vous de l’esprit l’image de la plage de sable fin, des cocotiers et des cocktails sirotés entre deux paragraphes. Voilà six mois que je voyage en travaillant, et voilà le premier bilan.

Ne pas confondre télétravail et nomadisme !

A tous ceux qui s’imaginent que c’est facile de travailler à distance, qu’ils se demandent s’ils sont prés à se motiver seuls tous les jours, à se lever tôt et à se mettre au travail sans personne derrière.

Pour ma part, ce n’est pas un problème, étant passionné par ce que je fais. Maintenant, demandez-vous si vous êtes prêt à vous motiver à travailler en étant à l’autre bout du monde, avec une connexion wifi qui déconne, dans une chambre donnant sur une rue bondée de monde et ultra bruyante…

Eh bien c’est mon cas. Depuis notre départ au mois de juin, je me suis retrouvé à écrire dans des bars, sur le bord du lit, dans des lieux saturés de bruit, dans des chambres super obscures. Bref, je suis devenu un vrai rédacteur tout terrain !

Travailler en voyageant n’a rien à voir avec le fait de travailler depuis chez soi. La machine à café n’est pas là, le silence est inexistant… On est bien loin du confort du travail à domicile. Et arrêtez de croire qu’on travaille sur la plage au soleil ! On doit souvent se contenter d’un recoin relativement calme pour arriver à se concentrer, et quel que soit ce recoin !

Le travail à distance et le travail à très longue distance sont différents

Le décalage horaire et les connexions aléatoires font que vous manquez parfois des réunions. Et que se passe-t-il quand vous manquez ce type de rendez-vous ? Des décisions sont prises, sans vous concerter. Pire, on parle parfois à votre place !

Rien n’est plus frustrant quand on est investi dans un projet, que ce genre de choses. On apprend à posteriori que des changements de cap ou de stratégie ont été décidés, sans pour autant avoir été consulté. Parfois, c’est l’enveloppe dédiée à votre tâche qui est amputée. Dans ce cas, compte tenu du fait que vous faites ça pour gagner de l’argent, c’est votre activité de freelance qui en souffre.

Là, c’est ce que j’appelle « les montagnes russes du freelance ». Tant que l’argent rentre, tout va bien, dès qu’il y a une baisse d’activité, il y a baisse de moral. Difficile de prospecter à des milliers de kilomètres de distance. Lorsque ce genre de chose arrive en télétravail, il suffit souvent d’assister à un meet-up ou un évènement pour directement rencontrer du monde et relancer la machine. Là, pas évident !

Croyez-moi, il vaut mieux « bétonner » votre activité avant de partir à l’étranger pour un bon moment. Il faut être sûr de générer suffisamment de chiffre d’affaires pour vivre le voyage sereinement.

Comment devenir rédacteur web et nomade à la fois ?

Tout d’abord, il faut avoir conscience qu’il faut être complètement sorti du circuit des plateformes de rédaction pour pouvoir voyager. Il faut avoir atteint un mode de fonctionnement indépendant de ces structures, sous peine de ne pas arriver à vivre correctement.

Pour y parvenir, il faut quasiment être capable de se revendiquer consultant SEO. Il faut être devenu plus qu’un simple rédacteur. Comme le dit Audrey Clabeck dans une vidéo récente, l’image de ce métier est très surfaite. Trop de gens croient qu’il suffit de savoir écrire, d’aimer écrire, pour pouvoir se lancer. Et bien non ! Il faut beaucoup plus que ça. Il faut énormément de travail et d’approfondissement des enjeux du webmarketing, du référencement, de l’optimisation sémantique.

L’écriture n’est que la dernière étape de notre travail. Elle représente la mise en forme de tout l’analyse, de toutes les recherches en ligne, de toute la compréhension d’un sujet ou d’une thématique.

Au-delà de tout cela, en étant nomade, il faut avoir conscience que l’on passe la moitié de sa journée le nez sur son ordinateur. Pour ma part, je fais en sorte de travailler tôt le matin, pour pouvoir profiter tout l’après-midi. On visite, on découvre, mais le lendemain d’un trajet de bus de 11 heures par exemple, il faut arriver à se motiver pour se remettre au boulot, et pas forcément dans des conditions idéales.

On ne sait pas toujours comment sera l’hôtel ou l’auberge suivante, difficile de savoir si la connexion internet suivra. Parfois, effectuer une recherche, une simple recherche, devient une mission plus que périlleuse ! 5 minutes pour charger une page… Vous imaginez quand il vous faut écrire un article de 1500 mots ? Et quand vous travaillez sur l’élaboration d’un cocon sémantique de plus de 40 pages, vous imaginez les crises que cela peut engendrer ?

Prêts à changer de vie ?

Réfléchissez bien avant de vous lancer. Si vous travaillez en tant que rédacteur via des plateformes, il vous reste certainement pas mal de chemin à parcourir avant de vous lancer dans un voyage autour du monde.

Comme sur Instagram, beaucoup de travailleurs nomades ne transmettent que le bon côté de leur travail. Attention ! Ceux qui sur Instagram ont l’air d’avoir une vie de rêve, se construisent souvent une image. Leur vie est aussi triste ou prise de tête que la vôtre. Pour le travailleur nomade, c’est pareil.
C’est sûr, c’est glam de dire que j’écris ces quelques lignes depuis la Bolivie, mais je suis assis sur un canapé qui me fait horriblement mal aux fesses, le tout dans une chambre donnant sur une rue pleine de trafic continue (et ici, les voitures font BEAUCOUP de bruit !).

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Pour ma part, j’ai ce que je suis venu chercher, personne ne m’y a forcé. En prime, j’ai appris à augmenter ma productivité de façon drastique ! Lorsque je vais rentrer, j’ose à peine imaginer ce que j’arriverai à produire dans un environnement opportun au travail !

Comment se créer une vie nomade ?

Plus sérieusement, soyez conscients qu’il faut énormément de travail et de sacrifices avant d’arriver à adopter ce mode de vie. Ne croyez pas que tout se fait facilement.

  • Il faut avoir l’instinct voyageur. Ce truc qui vous pousse en avant, quoi qu’il arrive.Il faut énormément de rigueur pour se tenir à la tâche tous les jours.
  • Il faut être capable de travailler dans toutes les conditions !
  • Ne pas partir sans avoir un carnet clients ou un réseau professionnel suffisamment étoffé pour vous assurer une activité continue.
  • Il faut également être capable de débrancher du boulot pour profiter de tout ce que vous découvrez ou vivez.

Je sais que ce sont beaucoup de conditions, mais personne n’en parle ! On vous vend souvent du rêve en vous parlant de « travail nomade ». Certes, on vit des trucs de fou, mais tout a un prix. Soyez-en conscients avant de vous lancer ou de plaquer votre emploi.

On ne devient pas un « bon rédacteur web » en claquant des doigts. Il faut bosser comme un fou en amont pour y parvenir. Pour le reste, une bonne dose de volonté, une pincée de folie, et c’est parti !

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