Bilan de notre passage au Mexique

église-Oaxaca

L’aventure mexicaine

Après plus d’un mois en terres mexicaines, l’heure du bilan est arrivée.
A ma grande surprise, c’est avec nostalgie que nous devons maintenant tourner la page et nous lancer vers le Guatemala. En effet, je suis surpris car je n’en attendais pas autant de ce pays décidément incroyable.

Certes, le début d’un voyage au long cours offre son lot de sensations aussi étranges que nouvelles, mais il faut avouer que ce pays est pour moi une excellente surprise. Rencontres, découvertes, histoire, monuments, le parfait cocktail pour donner naissance à un tas de souvenirs impérissables. Des plages de Tulum, en passant par les vieilles pierres de Palenque, ou encore Mexico, tout concourt à éveiller en nous une furieuse envie de revenir.

Le pays qui ne laisse personne indifférent

Pour peu que vous preniez la peine de vous éloigner un peu des sentiers battus, il est impossible que le Mexique ne provoque pas en vous des sentiments intenses.
Au départ, le premier contact avec la pauvreté secoue pas mal. Les stigmates sont assez marquants. Les gosses qui sniffent de la colle et les gens qui passent leur journée à fouiller les poubelles en sont les marques les plus visibles. Les rues parfois chaotiques où se mêlent employés en costume et mendiants, ont un côté percutant. Ces choses-là saisissent toujours, mais en même temps, elles forgent.

Palenque-vue-du-site-archéologique-pyramide

Pour autant, la grâce, la gentillesse et l’amabilité sont au moins aussi marquantes. Comment des gens qui ont parfois si peu peuvent être prêts à vous donner leur chemise ? Comment nous, nantis européens, n’arrivons-nous pas à en faire autant avec celui qui vient d’ailleurs ?
C’est une des questions qui me taraudent depuis le début de ce périple. La confrontation à tout cet écosystème et cette société mexicaine me renvoie souvent à mon propre positionnement.

  • Suis-je capable d’accueillir des gens de la sorte ?
  • Suis-je capable de le faire sans condition ?
  • Est-ce que j’en fais assez à mon échelle ?

Difficile d’y répondre… Surtout depuis ici. Une fois dans mon environnement européen, familier, serai-je à même de cultiver cette bouffée d’humanité que ces gens m’inspirent ? Je ne sais pas.
Voilà ce que provoque le Mexique. C’est un pays que l’on peut détester pour certains aspects, mais que l’on adore malgré tout ! Un vrai paradoxe ! Personne ne peut en ressortir indifférent, mis à part peut-être en restant bien à l’abri dans son « resort all inclusive ».

Une richesse bien au-delà de l’imaginable

 

église-Oaxaca

La richesse de l’histoire de ce pays, les souffrances qu’ont endurées ses « paisanos » font que chaque habitant renferme une part d’un héritage incroyable. La population est un métissage composé d’influences africaines, mayas, espagnoles et de bien d’autres contrées encore. Chacune de ces origines se retrouve sur les visages, dans les mœurs et dans l’histoire de chaque ville.

Des monuments somptueux jaillis d’un autre temps vous offrent un aperçu de ces terres avant la colonisation. En même temps, certains villages à l’image de San Cristobal, possèdent encore une sorte de charme hispanique laissé par les peuples ibériques. Là encore, force est de reconnaître que malgré ce patchwork d’influences improbables, le tout est très homogène… Certes, les grandes villes se transforment peu à peu au profit du modèle américain et de ses grandes tours en centre-ville, néanmoins, les mexicains prennent soin de leurs vestiges patrimoniaux. Il est possible d’apercevoir des ruines préhispaniques dans le centre même de Mexico, à seulement quelques centaines de mètres de building ultra modernes.

 

Les gens

La plus grande richesse de ce pays, réside bel et bien dans ses habitants ! Ils sont tellement empreints d’influences et d’origines différentes, qu’ils ont souvent gardé le meilleur de chacune ! Certes, d’aucuns diront que c’est faux aux vues de la corruption et de la violence qui règnent parfois… Je réponds simplement à ces gens-là que cela ne tient pas à la nature de cette population, mais plutôt au pouvoir de l’argent. Les terres mexicaines sont pillées (je pèse mes mots), par des instances internationales qui en tirent des profits plus que substantiels. Les mexicains n’ont que les miettes de ce que leurs terres sont à même de produire.

Pire, le pays est gangrené par le modèle américain qui fait miroiter que le fait d’avoir un écran plat et boire du coca permet de réussir sa vie. Les magasins de meubles comportent un section « banque » et proposent des crédits interminables pour s’équiper « à l’américaine ». 72 mois pour payer sa télé… Vous imaginez vivre comme ça ?

Et bien eux le font, car on ne cesse de leur marteler que c’est ce qu’il faut faire. Le pire, c’est qu’on leur vend du rêve en leur volant leurs ressources… Et malgré tout, ils restent toujours disposés à s’entraider, à aider quiconque en a besoin.

Nos rencontres

J’ai parlé de Manuel, d’Amparo et Marco, mais il y en a eu beaucoup d’autres.
Mari Cruz et sa famille ont été géniaux avec nous. Ils nous ont invités à manger et nous ont initiés à la téquila ! Nous avons énormément échangé avec eux. Ils ne sont pas dupes quant à la situation économique et politique du pays, mais pour autant, ils ne sont pas aigris. Ils font ce qu’ils peuvent à leur échelle. Nous avons partagé un repas en famille, comme si nous en faisions partie. C’est ça rester lucide sans pour autant s’aigrir. Mari Cruz nous a dit ces mots géniaux :


« Je fais du Airbnb car je ne peux pas voyager. A défaut de parcourir le monde, c’est le monde qui vient à moi ! Et j’apprends de tous les visiteurs qui viennent ici. ».

Toutes les rencontres que nous avons eu la chance de faire ne nous ont pas laissés indifférents. Depuis les tatoueurs de Tuxtla Gutierrez, en passant par la petite tisseuse de San Cristobal, tous nous ont appris quelque chose. Ils ont tous été disposés à nous écouter et à partager de jolis moments, pleins de rires et de complicité.

Vous le comprendrez, il est difficile d’être exhaustif en les citant tous, j’aurai peur de vous barber et de devoir écrire un livre par semaine !

Ce n’est qu’une histoire de temps, mais nous y retournerons !

Après plus d’un mois passé au Mexique, nous ne sommes sûrs que d’une seule chose : nous reviendrons !

Le pays est tellement immense qu’il est impossible de le parcourir en si peu de temps. Nous avons profité de chacune de nos étapes pour découvrir chaque endroit. Cependant, cela ne représente qu’une part infime de ce qu’il nous reste à parcourir.
Terre de contrastes et de culture, nous avons, Margot et moi, eu un vrai coup de cœur pour ce pays. Marqués à jamais par ses paysages et ses habitants, nous garderons assurément toujours une place pour le Mexique et les mexicains dans nos cœurs.

Le Guatemala est la prochaine étape, et je vous promets de jolis moments en perspective…Quoi qu’il en soit, merci au Mexique et sa population de nous avoir fait sentir autant d’émotions si vives et si intenses !


A très vite pour la suite…

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